À la clôture de deux jours de débats, au cours desquels la très grande majorité des intervenantes et des intervenants ont plaidé en faveur du maintien d’un réseau collégial fort, comprenant la cohabitation de la formation préuniversitaire et de la formation technique soudées par une même formation générale, le ministre s’est contenté de laisser planer le doute et a repoussé à l’automne prochain le moment où il annoncera ses positions.
À l’annonce du ministre, il devenait évident que le Forum s’était avéré un exercice futile, voire inutile, tellement le ministre a fait écho aux seules revendications de la Fédération des cégeps qui a plaidé en cœur pour la décentralisation et l’autonomie des collèges. Le ministre a de plus affiché un mépris certain envers toutes celles et tous ceux qui ont consacré énormément de temps et d’énergie en préparation au forum en assimilant tout ce travail voué à la défense du réseau à de « simples réactions émotives ». Pourquoi avoir tenu une consultation alors qu’il n’a rien écouté ?
Pourtant, les étudiantes et les étudiants, le personnel enseignant, professionnel et de soutien ainsi que les parents, qui forment la majorité de la population des cégeps, s’opposent à la décentralisation proposée par les directeurs généraux, décentralisation qui se traduirait par une compétition exacerbée entre les collèges et par un démembrement du réseau collégial. Pire encore, pendant son discours de clôture, le ministre a clairement indiqué que le gouvernement n’avait pas les moyens de financer les cégeps davantage ! Que devons-nous comprendre de ces orientations ? Le ministère n’a pas les moyens de financer les cégeps, donc il se dégage de ses responsabilités en donnant plus d’autonomie aux collèges. En clair : que chaque cégep se débrouille avec ses problèmes !
Au terme de ce Forum, le ministre aurait dû au moins rassurer l’ensemble de la communauté collégiale sur la mission des collèges, mais il a préféré laisser planer le doute dans lequel il nous a plongés depuis un an en laissant ouverte la question de l’avenir de la formation préuniversitaire, la place de la formation générale et de la jonction de la formation professionnelle et technique. Le ministre Reid vient de miner sa crédibilité auprès des acteurs de première ligne du réseau collégial.
La Coalition-cégeps est d’autant plus choquée par l’attitude du ministre, qui a fait fi de l’importante mobilisation démontrée par ses membres, qui a réuni plus de 2000 personnes sous un chapiteau dans un événement parallèle. Véritable célébration de l’enseignement collégial, cette activité a été un franc succès tant par l’ampleur de la manifestation qu’en termes du contenu des discussions. Cette mobilisation est l’aspect le plus positif de ces journées ministérielles et elle annonce clairement que le ministre retrouvera une résistance encore plus déterminée sur sa route à l’automne !

