Vous aviez raison, Monsieur le Ministre !
mercredi 17 novembre 2004
Monsieur le Ministre,
Vous avez été nommé ministre de l’Éducation honoris causa par l’actuel gouvernement du Québec pour deux jours, les 17 et 18 novembre 2004. En cette qualité, mais aussi à titre de citoyen du Québec, vous pouvez de nouveau contribuer à promouvoir la qualité du système d’éducation québécois, comme vous l’avez fait il y a maintenant 40 ans.
Navigation rapide
Vous aviez raison, Monsieur le Ministre ! Les valeurs mises de l’avant par le rapport Parent ont permis au Québec de faire un gigantesque progrès, mais il faut périodiquement réaffirmer avec force qu’il importe de garder le cap. Dans le contexte particulier de la réflexion sur l’avenir de l’enseignement collégial, la qualité et l’accessibilité de l’éducation sont présentement menacées. Pourtant, ces valeurs devraient au contraire être soutenues au moment même où les enjeux de la mondialisation exercent des pressions pernicieuses sur les sociétés.
Monsieur le Ministre, nous vous invitons, par une déclaration publique, à donner votre appui à ce que réclament près de 60 000 signataires de la pétition en faveur des cégeps. Enseignantes et enseignants, membres du personnel de soutien, membres du personnel professionnel, étudiantes et étudiants, parents du réseau collégial et, plus largement aussi, citoyennes et citoyens du Québec demandent un engagement du ministre de l’Éducation à soutenir politiquement et économiquement : un réseau des cégeps, public et gratuit, distinct des ordres d’enseignement secondaire et universitaire, sur l’ensemble du territoire québécois, offrant aux jeunes et aux adultes deux secteurs de formation, l’un préuniversitaire et l’autre technique, soudés par une même formation générale.
Profitez de votre position privilégiée et réaffirmez vos valeurs, celles que vous avez défendues et concrétisées, à la suite du Rapport de la Commission Parent, mais aussi celles que vous avez exprimées le mois dernier dans les médias.
Oui, Monsieur le Ministre, vous avez raison de dire que le réseau collégial doit maintenir un diplôme national. Oui, Monsieur le Ministre, vous avez raison de refuser le démantèlement du réseau des cégeps. Ce que nous vous demandons, c’est de réaffirmer les principes fondamentaux à partir desquels le ministère de l’Éducation a vu le jour dans les années 60.
Vous vouliez un réseau des cégeps,
c’est-à-dire un réseau d’institutions réparties sur le territoire qui offre des programmes et des diplômes ministériels, et non pas une série d’institutions désarticulées aux plans pédagogique et administratif ;
public et gratuit, c’est-à-dire financé complètement par l’État et sans exigence de droits de scolarité, tant pour les jeunes que pour les adultes, leur permettant de se réaliser dans différents secteurs de la société et leur assurant des échanges fructueux d’expériences et de vie ;
accessible sur l’ensemble du territoire québécois, pour soutenir les régions dans leur effort de développement ;
distinct des ordres d’enseignement secondaire et universitaire, qui constitue un des éléments clés de la réussite scolaire postsecondaire du Québec en Amérique du Nord ;
offrant deux secteurs de formation, technique et préuniversitaire, soudés par une même formation générale qui permet non seulement l’ouverture d’esprit la plus large et le développement de la personne humaine et du citoyen mais aussi la transmission d’un fonds culturel commun essentiel à notre cohésion sociale ;
- permettant à chacun la possibilité de se réorienter ;
- offrant un milieu de vie qui permet de développer d’autres intérêts tout en stimulant un sentiment d’appartenance.
Les parents, les étudiantes et les étudiants, de concert avec leurs enseignantes et enseignants, le personnel de soutien et le personnel professionnel, ont toujours été prêts à s’engager pour travailler à l’amélioration de la qualité du réseau collégial. Pas à son démembrement.
Le réseau des collèges a besoin d’oxygène ; les besoins accrus de la société québécoise en éducation supérieure commandent un meilleur financement. Il faut s’attaquer sérieusement au problème de la réussite, pour permettre à un plus grand nombre de jeunes d’obtenir ce diplôme de valeur nationale qu’est le diplôme d’études collégiales (DEC), sans en altérer sa qualité reconnue.
En qualité de ministre de l’Éducation, en ce jour du 17 novembre 2004, nous vous demandons de souscrire de nouveau à la nécessité de maintenir et de développer le réseau collégial.
Les représentantes et représentants des organisations membres de la Coalition-cégeps :
Nicole Landry, Fédération des associations de parents des cégeps du Québec (FAP) ; Julie Bouchard, Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) ; les organisations syndicales du personnel de soutien : Marjolaine Côté, Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN), Marie Racine, Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur (FPSES-CSQ) et Ginette Bussières, Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ) ; les organisations du personnel professionnel : Robert Tardif, Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ) et Michel Chagnon, Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) ; les organisations syndicales du personnel enseignant : Alain Dion, Fédération autonome du collégial (FAC), Réginald Sorel, Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ) et Ronald Cameron, Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN).
Site réalisé avec SPIP 1.9.3 dev + ALTERNATIVES

