Jusqu’ici, les programmes de formations technique et préuniversitaire ont été élaborés nationalement, selon une formule qui déjà permet une marge de manoeuvre aux cégeps. Le ministre laisse maintenant entrevoir un système selon lequel les cégeps pourront modifier en profondeur les programmes qu’ils sont autorisés à dispenser, ou en créer eux-mêmes de nouveaux, sous réserve qu’ils satisfassent à des balises dont l’élaboration serait confiée à la Commission d’évaluation de l’enseignement collégial (CEEC).
Il s’agit de la mise en place pure et simple d’un système d’accréditation déguisée, qui pourrait amener une accentuation majeure des disparités dans l’offre et la qualité des formations. Ce système ouvrirait la porte à l’introduction de particularités régionales, notamment en ce qui concerne les certifications intermédiaires, au lieu de mettre l’accent sur une formation fondamentale qui permet à nos techniciennes et à nos techniciens de jouir d’un minimum d’autonomie face au marché du travail. Il pourrait également, à terme, poser des problèmes importants de mobilité des étudiantes et des étudiants ou, sur le marché du travail, aux futurs diplômé-es.
Pour la Coalition-cégeps, le réseau des cégeps ne doit pas exister que sur papier. Le glissement de la responsabilité des programmes du national vers le local, en ce sens, correspondrait dans les faits à un démantèlement du réseau collégial.
Finalement, la coalition dénonce le fait que la place des parents, partenaires importants de l’éducation collégiale, ne soit plus garantie au conseil d’administration.
La Coalition-cégeps entend étudier attentivement les orientations déposées aujourd’hui, faire des commentaires plus complets sur leurs implications, suivre avec attention le développement des projets pilotes et, finalement, elle entend participer activement à une éventuelle commission parlementaire.

